(extrait de ma newsletter) Quand la canicule écrase tout, peut-on encore prendre la parole sans avoir l’air hors sol ? Non. Je sais, on en parle ->

La France suffoque, et ça ne va pas s’arranger. L’agenda médiatique n’a plus qu’un sujet, tout le monde vit le même choc, et c’est normal. Et donc tout ce qui s’écarte du moment paraît vain, voire indécent. Le solopreneur qui vend son automatisation de lead gen, la marque qui glisse « nous on a la clim », le défilé avec plage artificielle pendant que Paris brûle : poubelle, non ?

Et pourtant on a un plan de com, des choses à dire, un monde qui continue de tourner. Alors comment on fait ?

Sur Substack, j’ai posé deux convictions avant d’entrer dans le dur. La première : le « normal », ces séquences marronnier bien pépères (soldes, vacances, rentrée, budget), il y en aura de moins en moins. On est en régime de crise permanente. La seconde : au pic du moment exceptionnel, savoir se taire. Tant pis pour le planning, l’ouvrir trop tôt coûte plus cher que d’attendre.

En shorter, trois cas de figure, parce que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne :

1/ Il y a les marques dont on peut se passer, le trivial. Là, mon choix c’est le silence (easy), mais tout le monde n’a pas ce luxe. L’alternative c’est la discrétion. Humilité, utilité concrète, qualité produit, parler aux gens que ça intéresse vraiment.

2/ Il y a les marques concernées, celles qui vendent de l’énergie décarbonée, de la rénovation, de l’adaptation, ou qui ont un vrai point de vue sur nos modes de vie. La tentation de se poser en solution est énorme, et c’est plus que risqué. Le sujet vous dépasse, « leader mondial » ou pas. Ce que vous pouvez faire, c’est contribuer modestement au débat collectif avec des propositions concrètes. Et si vous avez une action réelle à mettre en face, c’est encore mieux.

3/ Et puis il y a ce qui reste essentiel et important : ONG, santé, éducation, alimentation. Personne ne vous reprochera de faire le lien avec la canicule, mais vous ne serez pas plus audible pour autant, tout le monde fait le même travail d’anglage. Ce qui compte, c’est de tenir une ligne et de continuer à donner des signes de présence à vos publics proches.

Le point commun aux trois : on reste à sa place, on essaye pas d’accrocher l’agenda à n’importe quel prix.

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