On s’accroche à des stratégies (SEO, trafic, social et viralité) que la marée montante du zéro clic / zéro reach est en train d’emporter. Il est temps de changer de modèle avant l’effacement.

En ce moment tout le monde n’a qu’un seul objectif : remonter en haut des réponses IA. C’est fort compréhensible, mais il y a comme un problème : avant on se battait pour la première page de Google, désormais on se bat pour 3 liens max disséminés dans une réponse qui ne donne aucune raison de cliquer nulle part, et qui potentiellement défonce la réputation que vous avez mis des années à construire.

La fin de l’organique ? Ou presque ?

C’est le fameux zéro clic, la part de recherches qui s’arrêtent dans Google. D’après SparkToro sur le périmètre US, 68% des requêtes se terminent sans aucun clic – c’était déjà 45% en 2016, et ça ne s’arrête pas. En parallèle Ahrefs estime que le taux de clic du premier résultat baisse de 58 % quand une AI Overview s’affiche.

Et côté social média les algos changent tous les 6 mois et enfoncent toujours plus les publications des marques – je propose d’appeler ça le zéro reach. Les pages LinkedIn ont perdu deux tiers de reach auprès de leurs propres abonnés entre 2024 et 2026 d’après Ordinal, ne parlons même pas des autres. Les publications sur Insta sont tout aussi dépriorisées et noyées dans un flux publicitaire médiocre (je reste poli). Et sur TikTok, bon courage pour exister en tant que marque corporate, c’est mission impossible.

Enfin cette pénalisation de l’organique se joue aussi dans un contexte de concurrence où le coût d’entrée pour produire du contenu texte est passé à zéro, et où les influenceurs sont en burn-out pour essayer de survivre aux rythmes démentiels exigés par les plateformes. Autant dire que les marques qui publient 5 fois par mois (après 12 réécritures et 7 validations) concourent avec un gros handicap.

Bref, tout tend vers la disparition de la visibilité organique en ligne, afin de pousser toutes les entreprises vers le paid.

Pourtant : on continue avec les vieilles recettes (comme si de rien n’était)

En effet, on espère encore réussir en SEO/GEO et au passage « en se faisant aider par l’IA » comme si on était les seuls, on continue de poster sur LinkedIn ou Facebook dans des pages ou comptes officiels que personne ne voit, on lance des programmes de brand content, comme à la grande époque, sans voir combien les rendements ont baissé, quand ils ne sont pas nuls.

Et non seulement on continue, mais on le fait en réduisant les investissements, avec des budgets partout en baisse, malgré la concurrence exponentielle, au prétexte qu’on devrait s’en sortir avec une bonne utilisation de l’IA. Et donc on remplit le vide avec des contenus tout aussi vides, que les lecteurs commencent à repérer, couverture jaune ou non.

Alors on fait quoi ?

Changer de paradigme (rien que ça) : penser l’autonomie avant tout

Avant de donner quelques tips pratiques, je crois qu’on doit d’abord faire le deuil du système d’avant, qui a bien marché, mais voila c’est fini.

Et pour cela il faut se dire que notre priorité ne doit pas être le trafic (comme source de notoriété) mais l’autonomie (comme source de préférence). C’est à dire moins dépendre de règles changeantes, moins construire sur du sable, mais se tourner vers des outils et canaux sur lesquels on a vraiment la main.

Le but de l’autonomie est donc graduel : ne pas dépendre d’un seul canal, puis se fabriquer des espaces à soi, avec un lien direct vers les publics, et enfin tendre vers les marques communautaires ou autres « lovebrands ». In fine notre but est d’exister dans la tête des gens, les Anglo-saxons ont une expression marrante pour ça : « this product/brand/ … is living rent free in my head ».

L’autonomie c’est aussi vous envoyer cette newsletter directement, sans dépendre du caprice de l’algo LinkedIn, alors abonnez-vous !

Quatre leviers pour agir : à lire sur Substack

Le billet complet est ici.